ONLY GOD FORGIVES

C’est un premier coup d’arrêt pour Nicolas Winding Refn après une filmographie de huit long-métrages impeccables dont, hélas, il ne fait que réutiliser (en moins bien) les éléments essentiels.

Un gentleman gangster (Ryan Gosling) est traqué par un policier ultra violent dans le cadre d’une affaire impliquant son frère, meurtrier sadique, ainsi que sa mère, prostituée et trafiquante de drogue dure.

Côté nouveauté, le film louche clairement sur l’orient où l’action est d’ailleurs située (Thaïlande) intégrant ainsi nombre de références visuelles au cinéma asiatique (Zatoïchi et Babycart par exemple) que l’on retrouve notamment dans la scène de duel à mains nues entre Ryan Gosling et Vithaya Pansringarm.

Scène de combat entre Ryan Gosling et Vithaya Pansringarm dans Only god forgives, réalisé par Nicolas Winding Refn en 2013.

Scène de combat entre Ryan Gosling et Vithaya Pansringarm dans Only god forgives, réalisé par Nicolas Winding Refn en 2013.

Mais à part ça, rien de nouveau. Le réalisateur semble se reposer sur les lauriers de Drive en ne faisant que monter d’un (voire plusieurs) cran dans la violence et le malsain pensant sans doute que cela suffit à créer un objet culte de cinéma.

Hélas la barre est mise un peu trop haut. Trop de violence tue la violence, de même que trop de sang sature la rétine à tel point qu’il faut se masquer les yeux plusieurs fois (la scène du cabaret…). Le tout gratuitement, sans justifications sérieuse, comme en témoigne d’ailleurs l’absence de scénario voire de cohérence globale du film.

Certains éléments semblent même avoir été rajoutés dans le seul but de rendre le film « encore plus trash ». Qu’apporte donc au récit le fait de suggérer une relation incestueuse entre Kristin Scott Thomas et ses fils ? En première analyse rien du tout si ce n’est choquer le spectateur et faire de la provocation gratuite.

Seuls les aspects techniques du métrage sont satisfaisants. Fort d’un confortable budget grâce au succès de Drive (4,8 millions de dollars) Nicolas Winding Refn monte d’un cran dans la peinture d’une nuit planante et flashy où les néons rouges / bleus scintillent au son de nappes sonores atmosphériques à souhait.

Le montage est, pour la première fois, largement déstructuré, atomisant habilement le récit entre le rêve, l’uchronie et la réalité pour un rendu final qui se rapproche beaucoup d’Enter the void dont le réalisateur (Gaspar Noé) a d’ailleurs co-produit le film.

Expérience plus esthétique que proprement artistique, Only god forgives n’a rien d’exceptionnel au regard de ce à quoi son auteur a pu nous habituer jusqu’alors.

 

REALISE PAR : Nicolas Winding Refn

ANNEE : 2013

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