L’IVRESSE DE L’ARGENT

L’argent, le sexe et les perversions, à grande échelle, sont des manières simples pour l’homme de se procurer du plaisir sensuel à court terme. Toutefois ce ne sont, comme chacun sait, que des spirales d’illusions qui finissent par rendre prisonnier et pour lesquelles il n’existe que deux portes de sortie : poursuivre jusqu’à la fin et mourir comme on a vécu, ou s’en détacher et s’engager dans une vraie construction humaine. Bien que crucial, ce sujet délavé ne méritait peut être pas qu’on y consacre un énième film, du moins pas aussi inconsistant.

Yum Yeo-jung dans L'ivresse de l'argent, réalisé par Im Sang-soo et sorti en 2013.

Yum Yeo-jung dans L’ivresse de l’argent, réalisé par Im Sang-soo et sorti en 2013.

Autant dire que la réflexion proposée par Im Sang Soo relève du niveau de celles que l’on pourrait entendre à un comptoir de PMU, à savoir : « tous pourris ». Il ne s’agit ni d’une découverte ni d’une théorie véritablement intéressante. Pour étayer sa thèse il multiplie les séquences montrant ses personnages se noyer dans le plaisir animal, la concupiscence et le vice, oubliant que si la perversité est une conséquence possible de la richesse, elle n’en est pas une réaction logique et reste avant tout un germe présent en chacun de nous que l’on choisit de développer ou non, sans critères de fortune. Par conséquent les nombreuses séquences de ripailles et de sexe, sont-elles belles visuellement, n’atteignent pas l’objectif provocateur et outrageant qui leur était assigné.

La seule originalité de ce film, outre sa remarquable beauté plastique, est la manière dont est filmé le rapport à l’argent, à savoir comme une addiction. Pour ce-faire, le réalisateur a choisi d’établir un parallèle avec l’alcool, lequel est omniprésent et rythme explicitement la narration. Cette peinture métaphorique et dynamique est une utilisation intéressante du cinéma pour montrer combien l’addiction est quelque chose de pernicieux puisqu’elle oblige le drogué à agir contre sa propre volonté et donc à se constituer prisonnier d’une forme incontrôlée de lui-même. Et si le retour à la liberté semble toujours possible, ainsi que l’évoque le parcours intérieur du jeune Young-Jak, certaines conséquences de l’ivresse de l’argent sont en revanche irréparables comme en témoignent les cadavres laissés sur le chemin.

REALISE PAR : Im Sang Soo

ANNÉE : 2012

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