DEDALES

Une jeune schizophrène aux personnalités multiples est accusée d’une série de meurtres et placée en asile psychiatrique. Un médecin et un policier se relaient alors à son chevet pour tenter de l’interroger, sans jamais savoir face à qui ils sont vraiment….

Film noir, thriller, drame, Dédales se situe à la croisée des chemins cinématographique mais c’est surtout une exploration du cerveau. Or, dans ce domaine, tout est bien souvent lié à l’enfance.

L’héroïne de Dédales, en effet, se rattache au mythe grec du Minotaure qui berça ses jeunes années et accueille l’ensemble des personnages dans les replis complexes de ses neurones. Ceux-ci développent une forme de vie indépendante à l’intérieur d’elle même, tant et si bien qu’elle ne parvient plus à les gérer et qu’ils prennent le contrôle de son esprit.

sylvie testud dans dédales de rené manzor

Sylvie Testud dans Dédales, realisé par René Manzor et sorti en 2002.

Son existence est, dès lors, réduite à une errance dans un labyrinthe mental dont elle est à la fois la conceptrice (Dédale), la victime (Thésée) mais aussi le monstre (le Minotaure)…

L’unique échappatoire proposée sera l’hypnose, qui lui permettra d’accéder à la « racine » de son être et de comprendre la complexité de son monde intérieur.

Les résultats de cette thérapie, en plus de créer un excellent effet de surprise, concluent avec charme un film globalement sombre qui représente la violence brute, sans place pour le pathos. Le réalisateur (René Manzor) n’hésite pas à faire usage du sang dans des scènes dures servies avec talent par une Sylvie Testud livide et squelettique, parfaite pour le rôle.

L’originalité de ce film tient dans le fait qu’il mélange habilement les genres. A mi chemin entre Pulsions (Polanski), Psychose (Hitchcok) et L’esprit de Caïn (De Palma), Dédales s’efforce de remonter le fil d’Ariane de la folie meurtrière tout en effrayant le spectateur, avec brio. Un petit film français sans grande aura ni publicité qui, pourtant, marque les esprits.

RÉALISÉ PAR: René Manzor

ANNÉE: 2002

 

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