LIVIDE

Dans un manoir au fond des bois, une vieille dame dort profondément, plongée dans un coma sans retour. Au cours de ses rêveries, elle passe en revue sa jeunesse passée ici, à enseigner la danse avec rigueur et sévérité.

De bien sombres évènements ont eu lieu durant ces années, des épisodes violents dont seuls les épais murs de la bâtisse gardent le souvenir et qui, en ce soir d’Haloween, vont être révélés aux jeunes inconscients qui ont entrepris de réaliser un cambriolage.

Derrière la caméra s’agitent Julien Maury  et Alexandre Bustillo, réalisateurs de l’éprouvant À l’intérieur (2007). Toujours focalisés sur la thématique de l’enfant, ils mettent ici en scène un couple mère-fille uni par l’horreur et la folie décadente. Le genre de maman qui transforme sa fille en automate condamné à danser éternellement à l’aide d’un système mécanique installé sur sa colonne vertébrale.

Chloé Colloud dans Livide, réalisé par Alexandre Bustillo et Julien Maury en 2011

Chloé Colloud dans Livide, réalisé par Alexandre Bustillo et Julien Maury en 2011

Mère et fille cohabitent dans le manoir, toutes deux statiques, l’une dansant éternellement sur son piédestal, l’autre en sommeil artificiel, trouvant malgré tout la force de réaliser d’ignobles desseins grâce aux bons services de son assistante.

Errant dans la nuit de cette inquiétante demeure, nos trois cambrioleurs se retrouvent au centre de cérémonies et d’épreuves de plus en plus malsaines. Leur impresionnant cauchemard s’échappe rapidement des contours de la réalité et vient s’installer en terrain neutre, dans le no man’s land des récits fantastiques, là où le temps et l’espace perdent leur consistance.

De nombreux éléments rapelleront au spectateur la nuit de terreur passée par le couple d’expatriés en europe de l’est dans Ils (Xavier Palud 2005) : même type de décors, même palette de couleurs, même atmosphère d’incompréhensible cruauté… Toutefois, et c’est heureux, à l’aspect glacial du « inspiré de faits réels » qui concluait Ils, Livide préfère la folie pure et l’expérimentation psychologique.

Son atout est d’exploiter à fond une idée originale et, même s’il ne satisfait globalement pas à tous les critères qui pourraient l’ériger en excellent film, il a le mérite de tenter, d’oser et, par là, de faire peur.

Il permet également, au passage, de découvrir Marie Claude Pietragalla sous un autre jour que celui des chorégraphies évanescentes, complexes et, il faut le dire, élitistes, auxquelles elle doit sa renommée dans le domaine de la danse profesionnelle.

RÉALISÉ PAR: Julien Maury et Alexandre Bustillo

ANNÉE: 2011

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