L’ECHINE DU DIABLE

Au fin fond de l’Espagne, une poignée d’adolescents tentent de survivre dans un orphelinat tenu tant bien que mal par un vieux couple de catholiques. A l’intendance, le jeune Jacinto et sa compagne, Conchita, gèrent le quotidien. L’arrivée d’un nouveau, le petit Carlos, va bouleverser les habitudes de ce fragile ecosystème et, partant, en faire resurgir les secrets les plus inavouables.

Immergé dans le mystère dès les premières minutes par les plans furtifs et inquiétants d’une masse sombre qui semble flotter dans un bassin d’eau stagnante, le spectateur est immédiatement invité à se demander quelle étrange force occulte rôde entre ces murs à moitié délabrés.

La nuit, des bruits étranges se produisent, des pas feutrés glissent çà et là dans les couloirs sans véritables explications et des murmures inquiétants résonnent même, parfois, dans les recoins des caves où les pensionnaires effrontés s’aventurent pour tester leur courage.

Fernando Tielve dans L'échine du diable, réalisé par Guillermo del Toro et sorti en 2001.

Fernando Tielve dans L’échine du diable, réalisé par Guillermo del Toro et sorti en 2001.

Visiblement chaque personnage détient un fragment de la clé de l’énigme mais, paradoxe du nombre, ils n’ont pas mis leurs éléments en commun pour tenter de la résoudre. C’est la qualité de visiteur extérieur de Carlos qui, grâce au regard neuf qu’il apporte, amène certains de ses camarades à se livrer et conduit l’entité maléfique qui hante le lieu à se manifester de plus en plus fréquemment.

Peu à peu, les certitudes s’effritent. Le bienveillant directeur se révèle cultiver une bien curieuse passion : il fait fermenter des cadavres d’enfants déformés dans de l’alcool qu’il vend ensuite comme élixir aidant à l’érection tandis qu’en secret, dans la pièce voisine, son épouse le trompe avec le vigoureux Jacinto.

Pendant ce temps, les élèves et en particulier le jeune Carlos vont de découvertes en découvertes et se livrent de plus en plus les uns aux autres. Ils tentent d’assembler les pièces du puzzle comme le feraient des enquêteurs ou des inspecteurs de police.

Policier, fantastique, horrifique, film d’époque, L’échine du diable est un vrai melting-pot cinématographique et c’est sans doute ce qui fait sa force. Empruntant à chacun de ces genres ce qu’ils ont de meilleur, Guillermo del Toro n’hésite pas à casser les codes et à faire prendre de la hauteur à son métrage qui s’avère finalement très transverse et ne saurait être enfermé dans aucune case.

Le fantastique / horrifique prend néanmoins légèrement le pas sur les autres styles mais plutôt du point de vue de l’ambiance globale du film que de celui des effets spéciaux. La grande élégance du réalisateur est d’ailleurs, en fin de métrage, de donner une explication à l’intrigue qui soit totalement rationnelle et permette de comprendre, enfin, pourquoi les résidents de ce pensionnat avaient l’impression que le lieu était hanté.

Une conclusion bien amenée et qui confirme quelque chose, certes d’assez incontestable, mais qu’il est toujours important de bien avoir à l’esprit : la cupidité rend fou ! le pouvoir d’attraction de l’or et des richesses est, sans équivoque, la gangrène la plus violente dont est vicitime notre genre humain. Et les forces qui hantent cet oprhelinat en ruine ne sont autre qu’une élégante métaphore de cet état de fait.

 

REALISE PAR : Guillermo Del Toro

ANNEE : 2001

 

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