GROTESQUE

Si on vous demandait de vous sacrifier par amour que feriez vous? Tant que le froid de la lame n’est pas sur votre cou, vous pouvez surenchérir de promesses chevaleresques mais que feriez vous réellement si un psychopathe vous capturait vivant vous sommait de choisir entre votre vie ou celle de votre conjoint(e)?

C’est la situation dans laquelle se retrouvent Aki et Kazuo en rentrant de leur premier rendez vous galant. Enlevés par un dangereux sadique, ils se réveillent attachés à des tables d’opérations.

Shigeo Osako dans Grotesque de Kôji Shiraishi

Shigeo Osako dans Grotesque de Kôji Shiraishi.

Surfant sur la vague du torture porn, ce film tente d’en repousser les limites comme pour montrer que Human centipede ou Hostel n’étaient que des enfantillages. Sur ce point là, au moins, le pari est réussi. Ceux qui aiment le gore extrême trouveront très largement leur compte devant ces scènes de percage de gorge, d’aspersion de javel sur les plaies ou de tronçonnage à vif de chacun des doigts de la main…

Comble de la sophistication: lorsque l’un des deux se fait torturer, il ne doit pas se plaindre sous peine de voir l’autre se faire infliger une douleur deux fois plus forte.

Tout ceci a t’il un intérêt? Vraisemblablement non! Grotesque est un métrage qui porte très (trop?) bien son nom. Aller toujours plus loin dans l’horreur n’a pas de sens si l’on ne cherche pas à dénoncer, par la métaphore, les problèmes de son temps. Faire du gore pour le gore ne sert qu’à flatter les instincts les plus vils et les plus torturés du genre humain.

Cette violence gratuite et surabondante gâche le film qui n’est finalement qu’un stérile huis-clos dans lequel les tortures s’enchaînent sans temps mort. C’est fort dommage car l’image et les couleurs jouissent d’un traitement remarquable. Mais la seule forme ne suffit pas, il faut un minimum de fond pour faire un bon film.

Hostel par exemple, s’élevait contre la mercantilisation du meurtre et de la torture, phénomène hélas, bien réel à l’heure où certains riches ne savent plus quoi faire pour s’amuser. Dans le même esprit, A serbian film a servi à dénoncer le marasme économico politique en europe de l’Est, des pays tellement à la marge du progrès que leur principale économie est celle du porno hardcore.

Rien de tout cela dans Grotesque qui n’est ni plus ni moins qu’une vitrine des derniers effets spéciaux gores du marché. Unique point positif: on peut constater que les SFX d’horreur progressent joliment. Puissent-ils rapidement être exploités dans un vrai film.

RÉALISÉ PAR: Kôji Shiraishi

ANNÉE: 2009

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