BASKIN

Vous cherchez un bon film d’horreur? Vous trouvez que ce que l’on vous sert habituellement est trop fade, trop hollywoodien ou pas assez réaliste? Baskin pourrait agréablement vous surprendre.

Pépite discrète du cinéma turc réalisée par Can Evrenol, Baskin retrace l’intervention de quatre policiers dans un immeuble (en apparence) désaffecté.

can evrenol baskin movie

Baskin, réalisé par Can Evrenol et sorti en 2015.

Bien sûr, les lieux ne sont pas vides, ils sont en réalité occupés par une secte aux rites répugnants. Mais, avant de découvrir la chose, la pression monte lentement. On prend le temps de découvrir les personnages et de s’y attacher, voyageant même parfois dans leurs pensées (les peurs et les doutes du jeune novice, Arda, servent par exemple de transitions au récit).

Pendant que sont jetées les bases du scénario, d’effrayants symboles et plans s’invitent furtivement entre les séquences de repas ou de patrouille nocturne. D’ignobles crapauds en gros plans, une silhouette encapuchonnée aux intentions troubles, d’énigmatiques reflets verts entre les arbres de la forêt, petit à petit l’angoisse s’installe et annonce, non sans beauté, un durcissement inéluctable du ton.

Le basculement du scénario est brutal. Toute la puissance de Baskin réside dans le fait que « l’horreur » en tant que telle est poussée à son maximum pendant environ une demi-heure, sans artifices ni concessions aucunes.

Aurait on pu rêver choix plus efficace pour évoquer le phénomène sectaire, l’un des grands maux de notre monde désenchanté, que de montrer des semblants d’être humains aux yeux crevés, rampant dans leur propre fange au beau milieu d’une nuit qui ne finit jamais? Simple sur le plan scénaristique, mais sans aucun défaut sur le plan technique, la recette fonctionne à merveille.

Mené de main de maître, ce métrage est un véritable voyage. En Turquie, tout d’abord, que l’on parcourt en fourgonnette au rythme d’un raï entêtant, puis dans les volutes baroques de la beauté cinématographique, là où seuls le style et l’audace peuvent permettre de se rendre.

Et, lorsque s’élèvent lentement les clameurs d’un grégorien sorti de nulle part pendant un fracassage de crâne en slow-motion, on a comme le sentiment d’être enfin parvenu dans ces contrées si bien gardées de la créativité horrifique dont les abords, hélas, ne sont atteints que trop rarement.

 

RÉALISÉ PAR : Can Evrenol

ANNÉE : 2015

 

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