VALHALLA RISING

Valhalla Rising conte les aventures d’un homme enchaîné et dressé à la violence dans les montagnes scandinaves et qui, un beau jour, se retrouve libéré.

La libération du guerrier silencieux s’apparente à une seconde naissance. Libéré de la caverne, il va désormais contempler de ses yeux ce qui n’était jusqu’à présent pour lui que des ombres. Vierge de toute expérience, il tente de rétablir le bien en dispensant le mal et agit selon un paradigme exclusivement composé de brutalité et de violence.

Madds Mikkelsen dans Valhalla rising, réalisé par Nicolas Winding Refn et sorti en 2009

Madds Mikkelsen dans Valhalla rising, réalisé par Nicolas Winding Refn et sorti en 2010.

Valhalla rising parait absolu et impressionne. C’est en grande partie à cause de la magnificence des décors nordiques. Mais c’est aussi le fait de l’épuration des dialogues qui écarte les grandes diatribes pour ne conserver que le script primaire de la communication. Dans ce cadre, les agitations des hominidés pensants que nous sommes relèvent, non pas du hasard ou d’un quelconque concept sacré, mais bien plutôt de l’absurdité pure et simple.

Les éléments épars du scénario ne sont pas pour autant dénués de sens, bien au contraire ce qui est montré ici est une certaine forme d’initiation traditionnelle scandinave, qui permettait aux jeunes hommes de renaître sous une la forme mythique du Berserker, c’est à dire du guerrier. Marquant le passage à l’âge adulte, ce rite permettait à la fois à l’individu de prendre conscience des mouvements de rotation du cosmos (le poteau autour duquel il gravite symbolise l’axis mundi) et, comme dans tout rite initiatique, de devenir un homme.

De l’absurdité de la violence naît rapidement un besoin de rédemption. Et voila le guerrier silencieux parti pour la Terre-sainte avec un groupe de croisés sorti de nulle part. L’épopée s’égare rapidement dans les méandres d’un marais et confine à l’errance quasi cauchemardesque au milieu d’un no man’s land cosmique et intllectuel. « Je veux désormais bâtir ma nouvelle Jérusalem » annonce fièrement le chef de l’expédition. Vaste projet qui, hélas, s’évanouira aussi brusquement qu’il est advenu.

Quel enseignement tirer de ce film? Pas forcément quelque chose de concret puisque Nicolas Winding Refn a avoué qu’il s’agissait d’un scénario qu’il avait imaginé lors d’un trip sous LSD… Toutefois on pourra se remémorer cette phrase, fort belle, prononcée par Madds Mikkelsen en pleine forêt: « avant que je ne parte à l’aventure, j’étais comme mort ».

RÉALISÉ PAR: Nicolas Winding Refn

ANNÉE: 2009

 

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