DARKNESS

Enième déclinaison du thème de la maison hanté, le deuxième film de Jaume Balaguero (REC, Fragile, Malveillance…)  respecte scrupuleusement les règles du genre.

Le schéma est on ne peut plus ressassé: une famille emménage dans une maison étrange, des évènements se produisent, Regina, l’enfant la plus âgée, rencontre un vieux monsieur plein de savoir qui lui apprend que le lieu est entouré d’un grand mystère, elle découvre ledit mystère dans un vieux grimoire occulte de la bibliothèque du coin et part, en connaissance de cause, affronter son destin.

Mais, en dépit de l’apparente banalité de son scénario, on se laisse rapidement captiver par cet élégant métrage espagnol car son réalisateur a su pousser à l’extrême un de ses centres d’intérêts les plus chers et captivant s’il en est : le satanisme rituel.

Anna Paquin dans Darkness, réalisé par Jaume Balaguero et sorti en 2002.

Anna Paquin dans Darkness, réalisé par Jaume Balaguero et sorti en 2002.

Tout comme dans La secte sans nom, son premier film, il fait bon usage des références aux cultes du diable et en porte à l’écran les concepts clés (temples de magie noire, forces cosmiques primaires, sacrifices humains…).

Film d’école, donc, mais aussi film de cinéphile. On soulignera d’ailleurs un quasi hommage à Shining dans le traitement de la folie du père, notamment, mais aussi dans des références visuelles explicites telles que la scène de la baignoire, revisitée, celle de la ballade du petit garçon en véhicule à roulettes dans les couloirs et même l’apparition en slash des deux jumelles maléfiques.

L’omniprésence des fantômes sonne également, outre la référence à Kubrick, comme un écho aux canons du cinéma de genre espagnol (Del Toro, Amenabar…) et, dans une moindre mesure, asiatique (Nakata et Kurosawa surtout). On retrouve même, avec 10 ans d’avance, le design et les caractéristiques du spectre infâme qui hante le grenier de REC, que Balaguero co-réalisera en 2007 avec Paco Plaza.

Au final, l’ensemble est satisfaisant et se regarde en tout cas bien plus agréablement que la majorité des nanars qui jalonnent le genre. Un résultat que l’on doit en grande partie au fait que Jaume Balaguero est, avant tout, un artiste intelligent et un cinéphile de goût bien plus qu’un vulgaire business-man du divertissement.

 

REALISE PAR : Jaume Balaguero

ANNEE : 2002

 

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