VICKY CRISTINA BARCELONA

Deux jeunes femmes que tout oppose dans leurs conceptions de la vie et de l’amour partent sur un coup de tête pour l’Espagne en compagnie d’un séduisant inconnu.

Artiste bohême et viril, Antonio a tout pour lui et il le sait. Il n’a donc aucune gêne à aborder ces deux beautés pour leur proposer de but en blanc un week end à visiter Oviedo, boire du bon vin et faire l’amour. Vicky, la plus raisonnable des deux, en couple depuis longtemps, se montre difficile à convaincre. Cristina en revanche, plus libérée, accepte d’emblée.

Ils partent finalement mais le ménage à trois tourne court avec l’arrivée de l’ex-femme d’Antonio. Cette sulfureuse espagnole au tempérament de feu envenime l’ambiance qui règnait jusqu’alors dans l’atelier.

Penelope Cruz dans Vicky Cristina Barcelona, réalisé par Woody Allen en 2008

Penelope Cruz dans Vicky Cristina Barcelona, réalisé par Woody Allen et sorti en 2008

Partant, Woody Allen questionne les conventions qui régissent nos modes de vies et fait souffler un grand vent de liberté sur le cinéma. Bien que les expérimentations sexuelles et humaines ne soient pas l’apanage de notre époque, force est d’admettre toutefois que, de nos jours, l’émancipation des moeurs va croissant et revêt une dimension structurelle à l’échelle de l’humanité.

Dans ce contexte, le beau tour de force de Vicky Cristina Barcelona est de parvenir à sublimer et à rendre désirable une aventure qui, il y a à peine un peu plus d’un demi siècle encore, relevait de l’utopie pour certains ou de l’abomination, pour d’autres.

L’éceuil de ce film, en revanche, est le même que pour Match point trois ans auparavant: il ne concerne que les bourgeois et les nantis. Les codes utilisés sont ceux des classes sociales aisées, le vernis bohême s’en retrouvant biaisé dans son authenticité. Allen décrit la vie telle qu’il la connait et telle que seule une mince partie de la population la connait.

Il est évident que si nous en avions l’occasion, chacun d’entre nous rêverait de tout plaquer et d’aller vivre dans le luxe, sans obligations, à faire des expériences de vie toutes plus intenses les unes que les autres. Mais qui peut se le permettre?

Le cinéma est une porte vers le rêve, c’est un fait, mais pour ce faire il doit être capable de s’adresser à tous afin de tirer un potentiel émotionnel maximum du fabuleux matériau créatif qu’est l’image en mouvement. Or, si le rêve relève de l’esprit et de l’impalpable, le luxe et l’oisiveté comptent, bien au contraire, parmi les sommets du matérialisme dédaigneux.

RÉALISÉ PAR : Woody Allen

ANNÉE : 2008

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