THE RAID 2

L’un des meilleurs films d’action de tous les temps ?

Ça, c’est pour la promo du film. Après un premier opus, certes intéressant mais plombé par la contrainte de décors ultra répétitifs (des policiers tentent de s’extirper d’un immeuble infesté de bandits lourdement armés), Gareth Evans voit plus grand.

Sur fond de guerre des gangs et de flics infiltrés, il nous propose une vaste fresque de plus de près de deux heures trente qui emprunte à beaucoup d’illustres prédécesseurs occidentaux et orientaux. La violence atteint des sommets de gore et de cruauté, les combats sont chorégraphiés aux petis oignons, l’action ne faiblit jamais sans pour autant délaisser une question existentielle qui sous-tend tout le film : que faire du père ? Si l’on veut un jour être le numéro un…

The Raid 2

Julie Estelle dans The raid 2, réalisé par Gareth Evans et sorti en 2014.

Honneur, fidélité, trahison, remords, solitude… En voyant le héros se battre jusqu’à l’épuisement et laisser derrière lui moult cadavres éviscérées, dans des décors un peu vides : usine, restaurant aussi kitsch que luxueux, ruelles sordides, on se dit que la violence tourne à vide. Tout comme l’hallucinante scène de prison où détenus et gardiens se battent, au ralenti et en accéléré, dans la boue jusqu’au cou.

L’art est un doux mensonge et la violence, car elle menace toujours d’entraîner les hommes vers le chaos, doit être tenue aussi loin que possible de nous grâce à de tels artifices. On appelait cela avant la catharsis, c’est-à-dire la purgation des affects. Voir un crime de carton-pâte permet d’expurger en moi les pensées violentes.

Sauf que maintenant la prolifération des images nous permet de voir à l’envie et jusqu’à la nausée des images de la vérité, ce qui est en soi contradictoire. Avènement du snuff-movie sur internet dont Al-Quaida et le tueur fou de Montréal constituèrent des dates-clés. Le cinéma plus que jamais, par l’excès et la saturation, réaffirme la primauté du mensonge sur la vérité et nous délivre, si l’on peut dire, du mal.

RÉALISÉ PAR : Gareth Evans

ANNÉE : 2014

 

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