REAL

Si l’on vous proposait de guérir du coma, vous signeriez sans réfléchir. Sans trop prendre de risques d’ailleurs. L’antichambre de la mort nous glace l’échine dès que l’on évoque son simple nom. On connaît ses succès. Et si les avancées de la science permettaient d’y parvenir ? Kiyoshi Kurosawa, réalisateur culte de Cure et Kaïro, imagine une telle possibilité à travers des voyages dans les consciences des malades.

C’est l’histoire d’un garçon qui, à l’aide d’un procédé d’exploration cérébrale appelé « contact », va tenter de sortir sa bien-aimée du coma. Mais, chemin faisant, le jeune chevalier blanc s’égarera dans certaines zones occultes de sa propre conscience, expérience à laquelle il n’était absolument pas préparé.

Aruka Ayase dans Real, réalisé par Kiyoshi Kurosawa et sorti en 2014

Aruka Ayase dans Real, réalisé par Kiyoshi Kurosawa et sorti en 2014.

Premier contact. Dans leur appartement. Rien n’a changé. Elle dessine frénétiquement des mangas et ne prend pas la peine de se retourner pour l’interroger au sujet de sa journée. Silence glacial. Il évoque le « contact ». Elle accepte plus ou moins de coopérer en initiant un jeu de piste à travers leur patrimoine cognitif. La cyber psychanalyse est née. Pas très éloignée du jeu vidéo.

Si la scène du « contact » a l’apparence du monde réel, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un paysage « état d’âme ». Des images surgissent. Un vieux démon, ancré dans la mémoire. Le royaume de l’inconscient, joliment délimité par de mystérieuses brumes, est au centre de toutes les recherches. Un enchâssement d’espaces virtuels qui flirte avec Inception.

Kiyoshi Kurosawa nous offre sa théorie de l’éveil. C’est la belle morale de Real. Le héros accepte ses limites révélees dans les épreuves subies. Comme dans le cinéma d’arts martiaux avec la rédemption du combattant avant le combat final. Et finalement, leçon ô combien édifiante, c’est dans l’autre, ou plus précisément dans le vécu sincère de l’altérité, que résident l’espoir et le salut pour chacun d’entre nous.

Malgré quelques très belles images comme celles du port désolé, vertigineuse piste de béton qui glisse dans l’océan où attend une barque, relecture poétique du mythe du passage vers l’au-delà, le film pêche par quelques lenteurs, que l’on pouvait déjà reprocher aux précédentes réalisations de son auteur. Il y a cependant un charme certain dans ce combat intérieur mené de front par deux amoureux, et dans son dénouement surtout, qui constitue somme toute un précieux enseignement doublé d’un fort message d’espoir.

REALISE PAR : Kiyoshi Kurosawa

ANNEE : 2013 (sortira en 2014)

 

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