LE MEPRIS

Tiraillé par son ambition, Paul (Michel Piccoli) délaisse égoïstement sa femme pour soigner une relation susceptible de le propulser professionellement. Camille (Brigitte Bardot) commence alors à faire évoluer le regard qu’elle portait jusqu’à présent sur l’homme qu’elle aimait.

Elle a épousé l’homme simple qui la faisait rire et prenait soin d’elle, elle l’a épousé sans considérations de richesse ou de succès. Et voila que la possibilité de faire affaire avec un riche producteur change la personnalité de son mari. Il devient distant, froid, indifférent. Elle commence alors à le mépriser de plus en plus profondément.

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Brigitte Bardot dans Le mérpis, réalisé par Jean-Luc Godard et sorti en 1963.

Une relation sentimentale exige une « gestion active » semble suggérer Godard, une attention de tous les instants. Science inexacte s’il en est, l’amour exige également une certaine humilité de la part de ceux qui s’y essayent. Rien n’est jamais acqui définitivement. Ce qui, hier, était une romance puissante peut, demain, conspuer en un sentiment d’une toute autre nature.

Plutot que de définir l’amour, Le mépris définit plutot ce qu’il n’est pas. Il en sculpte, en creux, les contours. La question sous jacente, bien entendu, étant de savoir si un amour qui s’éteint face à l’adversité était, précisément, un véritable amour?

Il est clair que le lien conjugal n’a plus la force et la légitimité qu’il eut. Pour autant les mutations de l’âme et les tourments du coeur que décrit ce film sont intemporels. Un coeur brisé ne se recolle pas, ou alors il se recolle mal. De même qu’un mari éconduit au profit d’un autre doit plutot « changer de chair et d’âme », c’est à dire se tuer (symboliquement) lui même, plutot que de chercher à tuer (physiquement) son rival.

L’amour moderne est un sentiment qui n’est plus enfermé dans le dogmatisme et la tradition « inviolables » d’antan. Bien au contraire, c’est un cadeau fragile qui se reprend facilement. On n’hérite plus du sens de la vie, il faut le trouver soi même par ses expériences, ses déceptions, ses joies et ses peines. Cela exige une grande force d’âme et certains n’en sont pas capables. Mais, comme le rapelle Godard, « la mort n’est pas une conclusion ». La beauté, sa recherche et sa contemplation, en revanche, en sont une.

RÉALISÉ PAR: Jean Luc Godard

ANNÉE: 1963

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