FEAR AND DESIRE

Premier film réalisé par Stanley Kubrick, Fear and desire fut tourné au cours de l’année 1952 avec des acteurs inconnus et en décors naturels, dans les montagnes de San Gabriel en Californie, s’appuyant sur un scénario d’un ancien camarade de lycée, Howard Sackler, futur lauréat du prix Pullitzer.

C’est l’histoire d’une guerre abstraite en terre inconnue. Une patrouille militaire composée d’un lieutenant, d’un sergent et de deux soldats se retrouve derrière les lignes ennemies après que son avion ait été abattu. Cherchant à revenir dans leur camp en remontant la rivière, ils tombent sur une jeune fille qu’ils font prisonnière puis découvrent un avant-poste abritant un général. Le sergent va alors essayer de persuader le reste de la troupe de monter un traquenard afin d’éliminer cet officier de haut-rang.

soldats dans fear and desire de stanbley kubrick

Paul Mazursky, Franck Silvera et Kenneth Harp dans Fear and desire, premier film de Stanley Kubrick, sorti en 1953.

On retrouve dans ce coup d’essai, au moins deux caractéristiques fondamentales de son œuvre future : cette manière si particulière de filmer le monde comme un échiquier, où les personnages ressemblent à des pièces mues par des forces inconnues, dans un décor à la fois concret et irréel (une impression renforcée par la narration qui explique d’emblée que « … les ennemis qui s’affrontent ici n’existent pas à moins qu’on ne les rende réels » et que « ces soldats n’ont d’autre patrie que l’esprit ») ; deuxièmement, la forme mythique du récit, que Kubrick décrivait alors comme « un drame sur l’homme perdu dans un monde hostile – privé de fondations matérielles et spirituelles – cherchant sa voie vers une compréhension de lui-même, menacé dans son Odyssée par un ennemi invisible qui l’entoure; un ennemi qui, examiné de plus près, semble presque façonné du même moule que lui… ».

Fear and desire constituait une réussite remarquable pour un cinéaste indépendant à une époque où cet étrange animal n’existait pas encore. L’équipe ne comptait que quatorze personnes: cinq acteurs, cinq techniciens et quatre porteurs mexicains chargés du matériel. Kubrick tenait toutes les ficelles. Toba Metz, sa femme, faisant office de secrétaire et de comptable, Stanley produisait, mettait en scène, photographiait et montait les plans. Les critiques saluèrent la qualité des images.

Mark Van Doren, éminent professeur de l’Université Columbia, déclara : « La scène de la fille attachée à un arbre restera dans les annales du cinéma. Elle est à la fois belle, terrifiante et étrange. On n’avait encore jamais vu ça sur un grand écran. A elle seule elle est la garantie que tous ceux attachés à découvrir le grand talent dès qu’il pointe son nez suivront de près Stanley Kubrick. »

RÉALISÉ PAR: Stanley Kubrick

ANNÉE: 1953

 

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