EX DRUMMER

Ex drummer raconte les péripéties d’un groupe de Hard rock Belge dont les membres sont handicapés et toxicomanes. Ils recrutent comme batteur un intellectuel bourgeois célèbre afin de bénéficier de sa renommée lors d’un concours de rock underground.

Le film commence fort avec le tabassage violent d’une femme dans un parking puis enchaîne avec le quotidien trash et nihiliste des rockeurs. Grosses défonces à l’héro dans des squatts crados, autodestruction permanente et sodomies violentes… Il n’y a guère que la musique qui leur permette de tenir la tête au dessus de la réalité, en criant leur rage infinie sur des riffs ténébreux et bestiaux. Face à cela le batteur ressent tout d’abord du mépris, puis il se prend au jeu et finit par comprendre leur profonde détresse.

Beaucoup critiqué, ce film devrait bien plutôt être encensé, car son réalisateur (Koen Mortier) a fait preuve d’un courage incroyable en abordant un sujet sensible et douloureux. Il double sa démarche d’innovation et de talent du point de vue filmique avec de belles séquences punks dans les bas fonds du pays de la bière.

norman baerts dans ex drummer de Koen Mortier

Norman Baerts dans Ex-drummer, réalisé par Koen Mortier et sorti en 2011.

Outre son cachet de film underground pour fans de rock, Ex drummer est avant tout un plaidoyer contre les méfaits de l’exclusion dont sont victimes les personnes handicapées. La marginalité des personnages ne prend corps que parce qu’elle est vue à travers les yeux « normaux » des spectateurs. Or, la prise en compte de la différence ne doit pas être vue sous l’angle, discriminant, de l’inégalité des chances, car cela reviendrait à classer les êtres humains selon qu’ils ont ou non des tares, opération dont les conséquences ont déjà tristement été éprouvées par le passé…

Koen Mortier propose de faire table rase des idées préconçues sur la maladie et le handicap. Plus avant, il explore les arcanes de la différence dans leur granularité la plus fine, sans complaisance ni concessions. Et au final, c’est avec la rage dans le cœur que l’on se surprend à être ému par les poussées violentes de la chanson phare du groupe, symboliquement intitulée Mongoloïd. D’ailleurs, la bande son est un élément essentiel de ce film; avec de belles participations de The feminists, Ghinzu ou encore Mogwaï, mais surtout une scène finale de concert que l’on n’est pas prêt d’oublier.

RÉALISÉ PAR: Koen Mortier

ANNÉE: 2007

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *