DOG POUND

Trois jeunes gens condamnés à purger une peine dans le centre de détention d’Enola Vale intègrent l’établissement et se trouvent rapidement obligés de se plier aux  règles internes, édictées par les gardiens, mais aussi par les détenus.

Dog Pound semble s’inspirer des édifiants écrits de Foucault (Surveiller et punir) en ce qu’il dénonce l’absurdité du système carcéral, sorte d’académie du mal où l’Etat laisse croupir ses rebuts en refusant de voir qu’il ne fait que les transformer en bêtes.

Plutôt que de guérir la délinquance, Enola Vale en est finalement un moteur incroyablement puissant.

Adam Butcher dans Dog pound, réalisé par Kim Chapiron et sorti en 2010Adam Butcher dans Dog pound, réalisé par Kim Chapiron et sorti en 2010

Adam Butcher dans Dog pound, réalisé par Kim Chapiron et sorti en 2010.

Tout l’intérêt de ce film est de souligner « de l’intérieur » les résultats contre-productifs de l’enfermement, tant pour les détenus que pour le personnel. A titre d’exemple, la violence des gardiens apparaît comme clairement inhérente à leurs conditions de travail bien plus que comme un sadisme intrinsèque qu’ils cultiveraient par plaisir.

Toutefois hélas, la critique sociologique a peut être un peu trop pris le pas sur la démarche cinématographique. On est entre le film trop sobre et le docu-fiction trop voyeur.

Kim Chapiron a négligé la construction de son scénario qui consiste finalement en un simple enchaînement de scénettes rabâchant les problématiques carcérales élémentaire, se rapprochant un peu d’un 90′ enquête et consorts…

Aussi pourra-t-on préférer, sur le même sujet, des films bien plus efficaces et mieux construits comme R ou encore le grandiose Un prophète.

Mais s’il y a bien une chose qu’il faut reconnaître à Dog pound, c’est son réalisme et sa violence, pour lesquels le choix des acteurs a très largement joué (ce sont de véritables délinquants).

RÉALISÉ PAR: Kim Chapiron

ANNÉE: 2010

2 Responses to “DOG POUND”

  • Terrible ce film…le final woaw : on a la haine contre ceux qui stoppent Butch, on aimerait aller leur casser la gueule pour l’aider.
    L’interpretation enragée de l’acteur principal (Adam Butcher) comble totalement le manque de scénario que tu as relevé je trouve, tant il est blindé d’énergie communicative.
    Et puis ça lui confère un aspect un peu documentaire pas déplaisant, d’autant plus que ça a été tourné dans un vrai centre de détention pour mineur avec de vrais détenus et que (à en croire les bonus du DVD) il y avait une vraie tension entre les figurants et certaines bagarres seraient arrivées spontanément sur le tournage.

  • admin

    oui tout à fait, je l’ai aussi vu un peu comme un docu-fiction, car comme tu le soulignes il ya une grosse part de réalité dans le film…

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